Débat sur la souveraineté des télécoms en Europe - Position de Printemps Écologique

Mars 2026

Le débat autour de la souveraineté dans le domaine des Telecoms a pris de l’ampleur dans un contexte où des tensions géopolitiques insolites s’exercent au point de menacer nos démocraties. C’est un débat qui engage tous les pays de l’Union Européenne.

Orange via son secrétaire général a publié récemment une tribune (1) pour donner sa position dans le débat européen sur le Digital Network Act. A sa suite le syndicat CFDT (2) a partagé son regard sur ce document. Printemps Écologique, syndicat créé en 2020 porte la conviction que l’écologie doit être intégrée de toute urgence au dialogue social et à notre conception collective du travail et de l’économie. C’est dans cette perspective que nous souhaitons prendre position dans ce débat.

Le rapport Draghi (3) qui sert de référence pour alimenter une vision de ce que devrait être l’Europe, notamment dans la prise de position de Nicolas Guérin, est intitulé : l’Avenir de la compétitivité européenne. Parler du futur de l’économie (de la compétitivité, de la productivité, du travail…) s’inscrit dans un cadre de pensée, le futur que nous voulons dessiner. Celui dépeint par Mario Draghi correspond à une Europe qui doit renouer avec la croissance et qui, pour cela, doit doper sa productivité. L’objectif est d’assurer une croissance de la demande intérieure et de préserver le modèle social européen malgré la baisse démographique. Et l’innovation (dont le numérique) est l’élément clé : « l’Europe doit remédier au ralentissement de la croissance de sa productivité en comblant l’écart en matière d’innovation. Cet objectif supposera d’accélérer considérablement l’innovation technologique et scientifique, d’améliorer la réserve de projets (de l’innovation à la commercialisation), d’éliminer les obstacles empêchant les entreprises innovantes de se développer et d’attirer des financements, et de déployer des efforts concertés pour combler les déficits de compétences. » (Draghi, 2025, p. 19).
Or, nous ne vivons pas dans un monde infini, dans lequel, la croissance peut être infinie. La croissance telle que promue par Mario Draghi, c’est plus de production, plus d’objets, plus de consommation ; c’est-à-dire, plus d’énergie, plus de matières, plus d’eau utilisées et donc en conséquence, plus de gaz à effet de serre émis, plus de pollutions.

Chez Printemps Écologique, nous proposons de partir de ce qui est vraiment important et de ce que le rapport pointe comme “modèle social européen”. Ce modèle social, mieux disant par rapport à de nombreuses régions du monde, est loin d’être parfait et loin d’être homogène entre les pays européens. Nous voulons construire collectivement un monde qui tient compte de la santé, de l'éducation, de l'alimentation, des relations sociales, de la démocratie afin de construire l'économie qui permet de répondre à ces enjeux de façon juste pour les personnes d’aujourd’hui mais aussi pour celles et ceux qui viendront après nous. En effet, il y a un éléphant dans la pièce : les limites planétaires (4) , le changement climatique étant la première d’entre elles. La stabilité du système Terre est mise à mal. Nous ne sommes pas capables d’en connaître toutes les conséquences car la rapidité des changements est inconnue jusque là. Il n’est pas possible de rester sur un modèle stable, immuable, fait de compétitivité, de demande intérieure, de productivité, de concurrence. Nous devons réviser notre modèle basé sur la consommation tous azimuts, sur l’économie de l’obsolescence.

Cela va nous demander beaucoup d’innovations pour prendre soin, pour réparer, pour faire mieux aussi : des innovations humaines, organisationnelles,de processus, relationnelles et pas seulement techniques.
Les télécoms ont-elles un rôle dans ce projet ? La réponse est oui. Les télécoms jouent un rôle clé pour assurer la communication, revenir aux promesses d’éducation et de connaissance, pour organiser aussi l’utilisation de ressources rares. Mais ces télécoms et plus généralement les services numériques doivent devenir robustes, pouvoir s’adapter à des conditions d'habitabilité qui vont se durcir et surtout ne pas préempter les ressources que d’autres secteurs peuvent revendiquer, plus légitimement. En effet, nous constatons déjà des conflits d’usage. Par exemple, il n’y a pas assez d’électricité à Marseille pour alimenter les centres de données ET électrifier le port de Marseille et ainsi éviter aux bateaux de continuer à être alimentés par leurs moteurs. Autre exemple, l’utilisation d’eau, toujours par les centres de données, dans certains états états-uniens (Géorgie, Arizona…) qui privent d’eau les riverains. Débattre démocratiquement des conflits d’usage nous paraît un horizon nécessaire. Nous ne voulons pas pousser la technologie pour la technologie, et il nous faut soumettre nos choix techniques aux limites planétaires, en Europe et ailleurs. Contrairement à ce que prétend le rapport Draghi (5), nous ne pensons pas que la technologie est une fin en soi ; nous ne défendons pas une course en avant technique mais un “techno-discernement ” (6).

Faire adopter notre vision du monde est très ambitieux. Nous nous inspirons chez Printemps Écologique de la citation attribuée à Mark Twain (7) : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. »

Paysage concurrentiel

Le secteur des télécoms et ses entreprises se trouvent confrontés à une politique de concurrence qui encourage une atomisation des acteurs (une centaine d’opérateurs européens) et une fragmentation du marché (des fréquences différentes et allouées séparément par pays par exemple). Quels sont les risques de cette concurrence ? Tout d’abord, le consommateur européen bénéficie de prix très bas. Cette bonne nouvelle est à mettre en balance avec sa conséquence, à savoir un sous investissement chronique et donc, des risques de pérennité pour l’avenir. Par ailleurs, cette faiblesse financière des acteurs européens les rend fragiles en comparaison avec les grands acteurs de la tech américains, à savoir les GAFAM.

Cette concurrence conduit aussi les acteurs à une course en avant vers toujours plus pour toujours moins cher et cela crée une spirale délétère. On est dans l'ultra fast télécom, qui en France prend la forme de volumes de forfaits délirants, du déploiement de technologies qui ne répondent à aucun besoin (fibre 10Go), du renouvellement de mobile accéléré. Cette frénésie pour vendre toujours plus vient se confronter aux attentes de responsabilité écologique des consommateurs. Les injonctions contradictoires se succèdent auprès des consommateurs qui doivent à la fois acheter plus, plus souvent et avoir un usage responsable.

Une concurrence qui détruit l’emploi

Cette pression concurrentielle a des conséquences nocives sur les salariés du secteur : les opérateurs comptaient en France, près de 126 000 salariés fin 2013 et 91 000 fin 2024. Les baisses continues d’emplois ne conduisent pas à une amélioration de la santé économique des entreprises du secteur. Aussi, les opérateurs, à travers leurs lobbys, demandent une diminution de la régulation. Mais moins de régulation, c’est aussi moins de protection pour les consommateurs, les citoyens, les jeunes. C’est aussi la porte ouverte au capitalisme de l’attention et à la publicité.

Des entreprises compétitives dans un environnement réglementé qui protège les citoyens

L’Europe, entité régulatrice, nuit-elle aux entreprises ? Le débat ressort souvent mais particulièrement ces derniers mois. Le paquet Omnibus, longuement évoqué dans les médias, montre la tendance actuelle de la Commission européenne pour une “simplification” qui se traduit essentiellement par une diminution de la protection des citoyens, des individus, des personnes fragiles (8) .
A rebours d’un mouvement de “simplification” de la réglementation, Printemps Écologique prétend que les entreprises européennes sont fortes de leur capacité à naviguer dans un environnement réglementé pour le bien des consommateurs et des citoyens. A condition que les normes s’appliquent à tous, elles contribuent à la santé des territoires, des citoyens, c’est-à-dire de toutes les parties prenantes d’aujourd’hui et de demain (générations futures).

Printemps Écologique croit aussi à la nécessité de débats démocratiques pour donner les orientations à des entreprises qui mettent à disposition des services considérés comme essentiels. Le déploiement de la 5G contre l’avis des populations, n’est pas un exemple à renouveler. Au fil du temps, du fait de la réglementation, des obligations faites aux opérateurs de la couverture, des investissements publics / privés pour déployer des réseaux, la connectivité (l’accès à internet, fixe ou mobile) est devenue une commodité. Tout a été fait pour que le numérique soit incontournable : des prix bas, mais aussi, la migration de nombre de services publics sur internet. Aussi, le numérique, ou tout au moins, la connectivité à ses services essentiels, doit être gérée comme une commodité. Cela remet en cause le modèle de concurrence sur les réseaux (d’autant plus que la multiplication des crises, les coûts de maintenance vont exploser) mais aussi le modèle de tarification qui favorise aujourd’hui les gros consommateurs. Il est temps de prendre acte de cette commoditisation (comme l’eau ou l’électricité) et de gérer la ressource dans cette optique, en régulant les concurrences d’usage, en favorisant l’accès de tous.

Ainsi, il nous semble que Nicolas Guérin dans son plaidoyer (9) fait l’impasse sur le consensus scientifique et les conséquences en cours et à venir du changement climatique et de tensions sur les matériaux. Il n’est question que d’investissements, de ROI et de marges. Il n’y a pas de conflit d’usage ni d’arbitrage entre industries à venir. Or, même les parlementaires ont mis au jour le besoin de réfléchir collectivement, et d’arbitrer les conflits potentiels d’usage (voir l’avis de la CNPS (10) ).

Nos propositions

Printemps écologique : la mutualisation des réseaux afin de pérenniser l’activité et favoriser la résilience

Pour Printemps Écologique, une consolidation européenne est souhaitable mais sous conditions ! Préserver l’emploi, la qualité de vie au travail et dans les territoires, partager la valeur différemment, doivent être les boussoles de cette consolidation. La finalité de la consolidation doit viser une couverture et une qualité dans la durée des réseaux à rebours de la course à la performance en cours. La multiplication des sécheresses, inondations, glissement de terrain, tempêtes et leur aggravation prévue par un consensus scientifique pousse à prioriser dès maintenant la résilience des réseaux et leur frugalité en coopération à la fois avec les autres opérateurs nationaux et les acteurs de l’énergie et des infrastructures en général. La consolidation doit permettre de sortir progressivement d’une logique de compétition au sein des pays et de l’UE et coopérer ou faire levier sur les fournisseurs pour favoriser la durabilité forte, la réparation des équipements et leur maintenance. Il s’agira de travailler avec l'écosystème des fournisseurs afin de passer d’une logique de renouvellement régulier à une logique d’économie de fonctionnalité et de la circularité.
Pour nous, il y a une contradiction entre vouloir défendre un rôle sociétal majeur et indispensable et une vision de marché où des opérateurs “font ce qu’ils veulent”. La consolidation n’est pas qu’une question financière : il s’agit aussi de mutualiser des infrastructures, de redonner du pouvoir aux citoyens dans leurs choix par exemple, leur laisser collectivement sur un territoire le choix de déployer, ou pas, une technologie à l'instar de l’impossibilité pour un maire de s’opposer au déploiement d’une antenne mobile. Se revendiquer comme essentiel c’est répondre à des exigences ; or, en Europe, ces exigences sont démocratiques. Or, mises à part quelques conventions citoyennes ou consultations locales, la démocratie est insuffisante concernant les décisions de déploiement d’infrastructures (11).

Sur le rééquilibrage du financement?

L’idée d’un partage plus équitable de la valeur sur les différents chaînons de la délivrance des services est soutenue par Printemps Écologique. Nous préférons, afin de préserver notre indépendance vis à vis des GAFAM, un système de taxes plutôt que le système de fair share qui implique une nouvelle dépendance à des sources de revenus et donc une acceptation des objectifs politiques de ceux-ci. L’actualité récente illustre bien nos propos à travers l’exemple du contrat avec l’ICE de Cap Gemini qui était lié au nombre de migrants déportés. Il est à noter que dans la dernière version proposée du DNA, le fair share est abandonné à ce stade (12).
Cependant, ce nouvel équilibre et un intérêt légitime à un développement ne doit pas se faire au détriment d’autres objectifs socialement clés tels que la baisse du temps d’écran, la protection des mineurs, la lutte contre la désinformation, les discriminations…

Printemps Écologique : la souveraineté comme autonomie et interdépendance choisie

Pour Printemps Écologique, la souveraineté se joue dans l’entreprise, avec son écosystème et dans les territoires : maîtrise et approfondissement des compétences, encapacitation des citoyens (13), limitation des externalisations doivent être menées de concert.
Un opérateur d’importance vitale doit tendre vers une logique d'intérêt général et de coopération. Pour Printemps Écologique nous devons tendre vers un choix éclairé de nos interdépendances, fournisseurs comme clients.
Nous devons contribuer à cette autonomie en développant et favorisant des équipements, des technologies françaises et européennes alignées avec une logique de respect des salariés et des milieux.
C’est pourquoi l’utilisation d’outils tels que les clouds américains - comme AWS, les suites bureautiques - Microsoft, nous rendent totalement dépendants de pays étrangers (avec des risques à l'instar de ce que subissent le juges de la Cour Pénale Internationale, ciblés par des sanctions états-uniennes (14) ). Ces solutions proposées aux clients, font des opérateurs des maillons faibles de la souveraineté européenne. Les outils et innovations internes ont pour la plupart été faiblement soutenus puis abandonnés par l’envie d’utiliser les outils proposés par les GAFAM. Les savoir-faire associés ont été dilapidés. La course à l’optimisation financière court termiste a favorisé l'externalisation dont les coûts sont reportés dans un temps où les responsabilités seront diluées.

Et les salariés dans tout ça?

Parce que le monde de demain se construit en tenant compte des contraintes établies par la science, parce que le discours de croissance infinie dans un monde fini est hors sol, déconnecté des réalités géophysiques, Printemps Écologique a la volonté de maîtriser le développement des opérateurs dans le cadre des limites planétaires et de lutter contre le consumérisme. Cela implique un développement maîtrisé qui ne se fait pas au détriment des salariés.
En promouvant et déployant progressivement des modèles d’affaires alternatifs qui favorisent l’activité humaine, une sobriété choisie, les low techs, le lien avec les territoires, la proximité avec les clients et des usages souverains et éclairés à l’instar de ce que défend Tim Berners Lee, le créateur du web (15). En remettant au centre, la relation, dans une industrie de la communication.
Maintenir et consolider une activité robuste en servant des finalités positives c’est ce que propose notre syndicat qui ne saurait agir seul. Outre nos élus et avec nos adhérents, sympathisants et les autres syndicats, nous proposons de remettre de la démocratie en entreprise et renforcer la présence des salariés citoyens dans les choix structurants au même titre que les actionnaires et le top management. Les choix technologiques et d’infrastructures engagent au-delà du cercle de l’entreprise, c’est pourquoi il s’agira de mettre en place des conventions citoyennes avec mandat afin d’éclairer et de repolitiser ces décisions françaises et européennes. La régulation comme le DNA (Digital Network Act en cours d’élaboration début 2026) doit in fine protéger les citoyens européens et protéger la démocratie et les opérateurs doivent être des contributeurs à ces finalités en commençant par se protéger eux mêmes.

Ce document ne traite que d’une toute partie de la souveraineté de notre numérique. Les outils logiciels et le cloud sont aussi à regarder de très près !

Notes de bas de page

  1. Du nom de Mario Draghi (Président de la Banque Centrale Européenne, de 2011 à 2019). Mario Draghi a dirigé et rédigé ce rapport fin 2024. On le trouve ici : https://commission.europa.eu/topics/competitiveness/draghi-report_en

  2. https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/societe/article/limites-planetaires ou Boutaud, Aurélien, et Natasha Gondran. Les limites planétaires. Repères 740. La Découverte, 2020..

  3. « Broadband connectivity (fiber, 4G and 5G) drives the competitiveness of industrial and service companies, supporting manufacturing automation, logistics optimisation, the integration of delivery and customer management systems and enterprise resource planning, as well as product and service innovation » (Draghi, 2025, p. 70)

  4. https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/societe/article/limites-planetaires ou Boutaud, Aurélien, et Natasha Gondran. Les limites planétaires. Repères 740. La Découverte, 2020..

  5. « Broadband connectivity (fiber, 4G and 5G) drives the competitiveness of industrial and service companies, supporting manufacturing automation, logistics optimisation, the integration of delivery and customer management systems and enterprise resource planning, as well as product and service innovation » (Draghi, 2025, p. 70)

  6. Consommation et utilisation raisonnée et critique des technologies, démarche s’inscrivant au cœur des enjeux de sobriété.Cette définition est celle de David Favre dans son mémoire de master : Techno-discernement et sobriété environnementale: interactions entre rapport au territoire et engagement politique, cas du Low-Tech Lab de Grenoble

  7. La paternité de cette citation n’est pas établie : Mark Twain, Winston Churchill, JF Kennedy ou encore Marcel Pagnol en ont été tour à tour crédités.

  8. Voir par exemple, l’avis de la CNDH (Commission Nationale Consultative des Droits Humains) sur le paquet omnibus : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051695736

  9. https://confrontations.org/secteur-telecoms-le-digital-network-act-doit-changer-la-donne/

  10. https://alloforfait.fr/internet/news/149342-reseaux-csnp-reclame-meilleure-resilience-face-aleas-climatiques-pannes.html

  11. https://hal.science/view/index/docid/5038406

    1. https://www.itforbusiness.fr/leurope-veut-sauver-les-reseaux-telecoms-avec-le-dna-99563
  12. Empowerment

  13. Souveraineté numérique : il est temps de se réveiller — Laitao

  14. https://www.theguardian.com/technology/2026/jan/29/internet-inventor-tim-berners-lee-interview-battle-soul-web

Nos propositions pour et par les salarié·es d'Orange

Pour une entreprise sociale et écologique

Suite aux élections de novembre 2023, le Printemps écologique siège au CSE d''Orange Innovation et d'Orange Fonction Corporate.


Au coeur de leur mandat :
  • Placer l’environnement au cœur des discussions

  • Offrir aux salarié·es non syndiqués·es aujourd’hui la possibilité de s’engager différemment.

  • Insuffler de la diversité et de la nouveauté dans la représentation du personnel.


Nos propositions concrètes :

  • L'introduction de la notion de budget carbone, de la même manière qu’il existe un budget financier : pour viser l’objectif de Net Zéro Carbone à 2040, l’entreprise (dans toutes ses composantes) doit planifier la résorption de la dette écologique provoquée par ses activités. Elle doit réaliser la décroissance pilotée de ses émissions nettes

  • Conditionner la rémunération par le dividende à l’atteinte de ces objectifs de budget carbone : ce sont les actionnaires et dirigeant.e.s qui pilotent la stratégie de l’entreprise. Ce n’est pas aux salarié.e.s de terrain de payer l’inaction de l'entreprise.

  • L’initiative d’une régulation du secteur indispensable à l’environnement en s’appuyant sur l’écosystème des parties prenantes : développer des partenariats dans le secteur IT et télécom avec les autres entreprises pour définir les conditions d’un futur numérique soutenable ; développer une recherche interne et partenariats universitaires, entrepreneuriaux et institutionnels, priorisés de manière inconditionnelle sur la question écologique et être prescripteur de valeurs écologiques dans la technologie ; prendre en compte la prise de conscience écologique des clients, les incitations de l’État et des citoyens, les pressions des ONG, etc.

  • Une réflexion sur les moyens de transition numérique et énergétique : forfaits sobres compatibles avec l’urgence climatique, équipements réellement réparables, échangeables, durables, priorisation des usages, politique de données non intrusive, définition d’une politique de basse consommation par exemple la nuit, nouvelle politique IT concernant nos infrastructures techniques et leurs usages, nouvelles politiques des équipements et déplacements professionnels, nouvelles politiques d’achats

  • La tenue d’une négociation sur les conséquences écologiques et sociales de nos activités.

  • L'interpellation de l'entreprise sur son fonctionnement pour la faire évoluer vers l'économie circulaire et la sobriété, et davantage de partage avec les populations des pays dans lesquels nous opérons

  • L'invention d'une nouvelle gouvernance démocratique au sein de l’entreprise et avec la société politique et civile des technologies que l’entreprise déploie

  • une bifurcation de l’IA pour qu’elle ne soit plus un enjeu commercial ou militaire mais uniquement une aide à la recherche scientifique orientée vers le bien commun

  • L’arrêt des stratégies basées sur la collecte des données personnelles des citoyennes et citoyens

  • La création d’une commission environnement dans tous les CSE pour assumer les prérogatives issues de la loi Climat d’août 2021

  • Une politique de gestion des emplois et des parcours professionnels responsable à destination des salarié.e.s du groupe : formations adaptées à l’urgence climatique, solutions de reconversions, développement des qualifications et des compétences, maintien des compétences vitales pour les intérêts de l’entreprise, mise en œuvre immédiate d’une stricte égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

  • Le développement d'une politique de l’emploi relocalisée et sociale, sans discrimination
  • Une augmentation des plus faibles revenus notamment en limitant l’écart à un facteur maximum 10 entre les plus gros salaires et les plus petits

  • l’ouverture de négociations sur les nouveaux droits à mettre en œuvre pour nos collègues du terrain (que veut dire travailler en extérieur à +50°C au soleil ? Que veut dire travailler derrière une paroi de verre au soleil dans de telles conditions ?)

  • La limitation de l’écart de revenu entre le plus haut et le plus bas revenu dans l’entreprise

  • Le développement de formules de mécénat écologique : congés abondés, congés spécifiques liés aux engagements citoyens en faveur de l’écologie, congés solidaires, possibilité de dédier du temps de travail à des actions écologiques et solidaires

  • La redéfinition de la politique des Activités sociales et culturelles en mettant l’environnement et le social au cœur des projets et prestations financés par les CSE

  • Une politique de voyages professionnels rejetant les solutions aériennes au profit des solutions ferroviaires quand elles existent, et ce, même si le temps de trajet est plus long 

  • De nouvelles propositions concernant les activités culturelles et sociales en favorisant, quand c'est possible les prestataires de l'économie sociale et solidaire (ESS), ainsi que les activités culturelles et de plein air

  • L’introduction de chèques cadeaux éthiques et solidaires, destinés à des utilisations
    locales plutôt qu'aux grandes plates-formes de vente en ligne

  • Une épargne salariale plus transparente, écologique et sociale

  • Davantage de dialogue avec les communautés et les collectifs de salariés pour remonter les expériences locales et les propositions.

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